Créée au début des années 60 dans la région lyonnaise, la célébrissime marque de petites voitures Majorette a perdu son créateur - Emile Véron - il y a quelques mois à peine.
Rapidement florissante, l’activité de cette entreprise culmine au cours des années 60-70. A cette époque, on trouve des petites voitures/camions Majorette partout : grandes surfaces, magasins de jouets, stations-services, etc…
La petite voiture n’a alors que des avantages : c’est un jouet simple, économique, solide, transportable partout et réaliste. Les voitures reproduites sont en effet celles de Monsieur-Tout-Le-Monde : Renault, Peugeot, Citroën, etc…sont miniaturisées à la chaîne.
A cette époque, la totalité de la production est assemblée en France, à l’usine de Rillieux la Pape. Leurs caractéristiques sont connues (on en retrouve encore dans de nombreux greniers parentaux) : elles sont bien finies (châssis métal, portes et/ou capots ouvrables) et pèsent un « certain poids ».
En 1986 cependant, l’entreprise - qui connait une baisse de ses ventes - décide de délocaliser la majeure partie de sa production en Thaïlande, imitant par là son principal concurrent : l’américain Hot Weels qui appartient au géant américain Mattel et qui a délocalisé sa propre production en Malaisie quelques années plus tôt.
Il y a au moins eu deux raisons à cette triste délocalisation : le coût de la main d’œuvre (bien évidemment) mais aussi la mise à l’évidence d’un autre facteur dont on reparlera plus loin : le KGOY.
Kézaco ? Cela signifie «kids getting older younger » ce qui veut dire tout simplement que les enfants jouent aux jouets « classiques » moins longtemps puisqu’ils vieillissent de plus en plut tôt. De plus, dès la fin des années 80, les jeux vidéos explosent et relèguent aux plus jeunes (3-9 ans) les jouets classiques. Ce phénomène ne fait que s’accentuer depuis cette époque et ne s’inversera vraisemblablement plus désormais.
Pour en revenir à Majorette, cette délocalisation de la production en Thaïlande est rapidement synonyme de baisse de qualité (châssis plastique, portes soudées, peinture un peu grossière) et n’empêche pas le dépôt de bilan de la marque au début des années 90 (accompagné d’ennuis judiciaires pour son fondateur).
Après de multiples reprises depuis cette date, le site de Rillieux la Pape est complètement et définitivement fermé en 2001, signant l’arrêt de mort de tout un pan de l’industrie française.
Désormais, les voitures Majorette ressemblent à s’y méprendre à leurs concurrentes Hot Weels, à la différence près que les voitures reproduites sont essentiellement européennes.
C’est malgré tout avec plaisir que l’on retrouve cette marque dans les rayons de jouets en 2014, ça renvoie forcément à de bons souvenirs. Espérons que nos petits-enfants joueront aussi avec des voitures Majorette dans des décennies ça serait chouette, non ?
En bonus : petit lien sympa qui propose un visu sur les catalogues Majorette depuis 1968 :