Crée en Allemagne dans les années 50 (la célèbre « Bild Lilli », visible ci-dessous), le concept des poupées mannequins va exploser à la fin des années 50 après que l’américaine Ruth Handler en achète un exemplaire et crée à son tour la célébrissime poupée Barbie (nom inspiré par sa fille qui se prénommait Barbara).
Le concept est simple mais - comme souvent - il suffisait d’y penser : après les poupées poupons reproduisant le monde des enfants en bas âge, il s’agissait maintenant de reproduire le monde adulte et de créer des accessoires, des décors, des objets divers et variés reproduisant plus ou moins celui-ci.
Comme souvent dans ces cas-là, le succès de Barbie engendra une multitude de copies plus ou moins fidèles mais Barbie - bien que n’étant pas pionnière en la matière comme nous venons de le voir - gardera toujours une longueur d’avance sur ses concurrentes en s’adaptant aux différentes modes et aux différentes cultures en fonctions des minorités ou des pays : c’est devenu LA référence et même si depuis les Winx, Monster High, etc ont aussi pris le relais, elles ne jouent pas vraiment dans la même catégorie.
Si l’aspect de cette poupée a quelque peu varié depuis sa création en 1959, il y a au moins une caractéristique qui est restée depuis plusieurs décennies: ses mensurations anormales. Et c’est bien sur ce sujet que se concentrent les principales critiques vis-à-vis de Barbie et d’autres poupées mannequins plus récentes : de nombreuses personnes estiment en effet qu’elles donnent aux petites filles une image stéréotypée de ce que doit être une femme et leur mette dès leur plus jeune âge une certaine pression pour parvenir à correspondre à ces critères de beauté prédéfinis : minceur obligatoire, poitrine bien fournie, jambes interminables, etc…http://www.lemonde.fr/vous/article/2009/12/29/pour-les-psychiatres-barbie-est-un-fantasme-d-adulte-mais-pas-de-petites-filles_1285769_3238.html
Certaines femmes - comme l’ukrainienne Valeria Lukyanova - sautent le pas et recourent même au bistouri pour ressembler trait pour trait à leur modèle!
Parallèlement - et toujours pour faite face à ce problème de mensurations extra-terrestres - d’autres projets ont vus le jour récemment pour donner aux poupées mannequins des caractéristiques physiques plus proches de la réalité, notamment la poupée Lammilly (à droite ci-dessous) qui possède même en option des autocollants montrant des cicatrices ou de la cellulite.
D’autres personnes reprennent aussi le maquillage des poupées mannequins standards et rendent à celles-ci un visage plus naturel et moins « girly ».
En bref, le but est encore une fois de rendre aux jouets pour petites filles un côté humain-crédible-déstandardisé et de donner aux parents qui le peuvent un vrai choix pour leurs enfants qui se mettront sans doute bien assez tôt la pression pour essayer de rentrer dans le moule...